
Fiche technique
Nom original
Kidô Keisatsu Patlabor 2 The Movie (機動警察パトレイバー 2 the Movie)
Origine
Année de production
1993
Production
Animation
Durée
113 minutes
Auteur manga
Réalisation
Assistant-réalisation
Production
Producteur exécutif
Scénarii
Animation
Hiroyuki Okiura, Atsushi Takeuchi, Yoshio Mizumura, Yasushi Muraki, Takahiro Kishida, Toyoaki Emura, Kôgi Okawa, Masahiro Andô (2), Kumiko Kawana, Manabu Tanzawa, Takayuki Hamana, Kiichi Takaoka, Kazuya Takeda, Akira Oguro, Masatsugu Arakawa, Nobuyoshi Habara, Nobuetsu Andô, Naohito Takahashi, Yoshimi Katsumata, Akiharu Ishii, Takahiro Komori, Kazunobu Hoshi, Tsukasa Dokite, Chûichi Iguchi, Sumio Watanabe, Kôichi Hashimoto, Atsuo Tobe, Shigeru Fujita, Eiji Suganuma, Shinya Takahashi (2), Hiroaki Ôgami, Morifumi Naka, Masahiro Koyama, Akio Takami
Chara-Design
Mecha-Design
Direction de l'animation
Direction artistique
Décors
Layout
Chef coloriste
Montage
Direction photographie
Musiques
Direction de doublage
Diffusions
1ère diff. Cable/Sat/TNT
15 décembre 2012 (KZTV)
Éditions
Synopsis
L'histoire démarre en 1999, durant un conflit armé en Asie du Sud Est alors qu’une unité de l’ONU se fait encercler puis anéantir par les forces ennemies. Le capitaine Tsuge, seul survivant de l’escarmouche, sort de son tank pour contempler le carnage autour de lui puis finit par lever et figer son regard sur une statue géante du Bouddha qui lui fait face... Ce sera le point de départ d’une multitude d’évènements qui se produiront trois ans plus tard, mélangeant intrigues politiques, enquêtes policières, et terrorisme, qui feront vaciller l’État japonais tout entier et conduire Tokyo au bord de la guerre civile...
Commentaires
Ce deuxième long-métrage sort dans les salles japonaises en 1993, soit quatre ans après le premier film et un an après les dernières OAV. Comme pour le précédent opus, Mamoru Oshii délaisse les Labors et les scènes d’action pour se concentrer sur le scénario et l’ambiance qui sont le socle sur lequel sa pensée quasi philosophique portant sur le monde moderne va prendre racine. Au travers de cette œuvre, il nous fait part de sa vision sur la lourdeur sociale post guerre froide, la technocratie, le consumérisme et le cynisme latent des individus qui règnent en maitres mais sans jamais tomber dans le grotesque ou la caricature. Patlabor 2, qui se veut plus sophistiqué et plus complexe que le premier épisode, peut être coupé en deux grandes parties distinctes, la première posant le contexte, l’intrigue ainsi que les différents protagonistes et leurs enjeux tandis que la seconde partie est plus portée vers l’action mais toujours en gardant comme toile de fond un regard omniscient sur cette société moderne déformée par les rêves des Japonais isolés et centrés sur eux même oubliant jusqu'à leur identité et leur passé. Il y est décrit un pays plus abstrait qu’amorphe avec un peuple qui aurait bien besoin d’un électrochoc pour le forcer à revenir au réel... C’est ici que le thème central vient se poser, thème que nous pourrons résumer très simplement par une phrase concise mais audacieuse énoncée par l’un des personnages clés : « Une guerre juste est-elle plus valable qu’une paix injuste ? ». Un questionnement qui place les hommes en face de leurs propres contradictions mais surtout relaye les méchas au simple rang de machines inférieures à l’individu contrairement à nombre d’œuvres de SF et d’anticipation où l’ordinateur acquiert un cerveau quasi humain voir même parfois une conscience (Mamoru Oshii lui-même explorera ce choix narratif plus tard dans Ghost in the Shell). C’est donc en fin de parcours autour de cette question bipolaire que Tokyo et ses habitants vont devoir se choisir un nouvel avenir. Ce choix cornélien est représenté par l’état de chaos et de confusion dans lequel est plongée la mégapole aux lumières, tiraillée par les deux fantômes sans visage que sont la police et l’armée. Une cité qui depuis des décennies oublie le monde extérieur et se voile sous un masque d’insouciance dans cette opulence et cette modernité soit disant enviée.
Alors qu'on pourrait penser que son sujet est daté, Patlabor 2 est au contraire devenu rétrospectivement plus percutant que jamais quant à la réflexion qu’il suggère sur notre monde. Désormais véritable œuvre pour adultes, ce deuxième long métrage incontournable et atemporel bénéficie d’un traitement mature et intelligent, qui ne s’apprécierait surement pas autant si visionné étant plus jeune... Certaines latences et baisses d’intensité se font sentir ici ou là mais globalement Mamoru Oshii nous gratifie de l’une des ses productions les plus passionnantes dans laquelle il propose au spectateur de se remettre en question au point de le faire douter sur le bien fondé d’une société prospère qui en apparence vend du rêve mais asphyxie lentement ses propres sujets. Ce ne sont pas les seules qualités du film, on pourrait aussi aborder d’autres aspects, comme le traitement des personnages (les personnages principaux ne sont plus Noah et Asuma mais Goto et Shinobu), la critique de la la bureaucratie japonaise déconnectée du réel ou encore le réalisme saisissant du film (renforcé par la grande qualité de l’animation).
Précisons que la version française (adaptée d’après la version américaine) prend de grosses libertés avec le texte original japonais au point de souvent le dénaturer ou en tout cas de rajouter des éléments inédits. De ce fait, la vision du film s'en trouve "occidentalisée" et passe sous silence le fait que les interrogations sur la guerre et la paix sont à mettre en corrélation directe avec l'article 9 de la constitution japonaise (rédigé en 1947) selon lequel le Japon renonce à jamais à faire la guerre.
Alors qu'on pourrait penser que son sujet est daté, Patlabor 2 est au contraire devenu rétrospectivement plus percutant que jamais quant à la réflexion qu’il suggère sur notre monde. Désormais véritable œuvre pour adultes, ce deuxième long métrage incontournable et atemporel bénéficie d’un traitement mature et intelligent, qui ne s’apprécierait surement pas autant si visionné étant plus jeune... Certaines latences et baisses d’intensité se font sentir ici ou là mais globalement Mamoru Oshii nous gratifie de l’une des ses productions les plus passionnantes dans laquelle il propose au spectateur de se remettre en question au point de le faire douter sur le bien fondé d’une société prospère qui en apparence vend du rêve mais asphyxie lentement ses propres sujets. Ce ne sont pas les seules qualités du film, on pourrait aussi aborder d’autres aspects, comme le traitement des personnages (les personnages principaux ne sont plus Noah et Asuma mais Goto et Shinobu), la critique de la la bureaucratie japonaise déconnectée du réel ou encore le réalisme saisissant du film (renforcé par la grande qualité de l’animation).
Précisons que la version française (adaptée d’après la version américaine) prend de grosses libertés avec le texte original japonais au point de souvent le dénaturer ou en tout cas de rajouter des éléments inédits. De ce fait, la vision du film s'en trouve "occidentalisée" et passe sous silence le fait que les interrogations sur la guerre et la paix sont à mettre en corrélation directe avec l'article 9 de la constitution japonaise (rédigé en 1947) selon lequel le Japon renonce à jamais à faire la guerre.
Doublage
Voix françaises (Studio S.T.A.R.T.) :
Noah Izumi
Asuma Shinohara
Shinobu, Kanuka
Goto, Sakaki
Ohta, détective Matsui, Jitsuyama
Tsuge, Shinshi
Arakawa, Hiromi
Sources
Kidô Keisatsu Patlabor 2 The Movie © Masami Yuki / Bandai Visual, Tohokushinsha Film, Headgear