
Fiche technique
Nom original
Umi ga kikoeru (海がきこえる)
Entendre l’océan
Origine
Année de production
1993
Production
Durée
72 minutes
Auteur roman
Réalisation
Production
Producteur exécutif
Scénarii
Story-boards
Production délégué
Animation
Chara-Design
Direction de l'animation
Direction artistique
Direction du son
Décors
Chef coloriste
Montage
Direction photographie
Musiques
Adaptation française
Direction de doublage
Gén. VO interpreté par
Yôko Sakamoto (2) (générique de fin)
Diffusions
1ère diff. streaming
1er février 2020 (Netflix)
Éditions
Sortie en DVD
22 juin 2022 (Wild Side Vidéo)
Synopsis
Un jeune étudiant, Taku Morisaki, se remémore sa dernière année de lycée, et en particulier la période où Rikako Muto était scolarisée avec lui. Cette jeune fille qui venait de Tokyo intéressait beaucoup Yukata Matsuno, le meilleur ami de Taku.
Au début du flashback, les deux amis se demandent pourquoi une jeune fille venue de la capitale s’est installée dans une petite commune comme la leur (la ville de Kôichi) et, grâce aux connaissances de la mère de Taku, ils en découvrent la raison : les parents de Rikako ont divorcé et celle-ci a suivi sa mère, à contrecœur. Rikako ne fait d’ailleurs aucun effort pour s’intégrer dans cette nouvelle vie ou dans son lycée, où les autres élèves la prennent pour une jeune fille hautaine, bien qu’ils reconnaissent qu’elle est très jolie, douée pour le tennis et que ses résultats scolaires sont excellents. Seul Taku semble remarquer que la jeune fille a souvent un air triste. Quant à Yutaka, il essaie de se rapprocher de Rikako, sans succès réel.
L’histoire prend une nouvelle tournure lorsque Taku et Rikako se retrouvent ensemble dans un voyage scolaire à Hawaii auquel Yutaka participe également. Rikako, qui s’est toujours montrée distance avec Taku, l’aborde pour lui demander de lui prêter de l’argent. En effet, elle a perdu le sien ! Le jeune homme accepte bien qu’elle lui dise qu’elle ne pourra pas le rembourser dès leur retour. Plus tard, Rikako retourne voir Taku, furieuse qu’il ait raconté à Yutaka ses déboires financiers. Taku découvre vite qu’en fait elle est gênée car elle a également emprunté de l’argent à Yutaka.
Pendant les jours fériés connus au Japon sous le nom de Golden Week, Taku reçoit un appel de Yumi Kohama, la seule amie que Rikako ait réussi à se faire depuis son déménagement. Yumi s’inquiète car Rikako a décidé de partir seule à Tokyo voir son père. Taku découvre ainsi que l’argent emprunté avait pour but de financer ce voyage que n’avait pas approuvé la mère de Rikako. Taku part retrouver Rikako, officiellement parce qu’il est furieux de son mensonge mais officieusement parce qu’il s’inquiète pour elle.
On le voit : un triangle amoureux s’est peu à peu installé entre Taku, Yutaka et Rikako...
Lire le synopsis completAu début du flashback, les deux amis se demandent pourquoi une jeune fille venue de la capitale s’est installée dans une petite commune comme la leur (la ville de Kôichi) et, grâce aux connaissances de la mère de Taku, ils en découvrent la raison : les parents de Rikako ont divorcé et celle-ci a suivi sa mère, à contrecœur. Rikako ne fait d’ailleurs aucun effort pour s’intégrer dans cette nouvelle vie ou dans son lycée, où les autres élèves la prennent pour une jeune fille hautaine, bien qu’ils reconnaissent qu’elle est très jolie, douée pour le tennis et que ses résultats scolaires sont excellents. Seul Taku semble remarquer que la jeune fille a souvent un air triste. Quant à Yutaka, il essaie de se rapprocher de Rikako, sans succès réel.
L’histoire prend une nouvelle tournure lorsque Taku et Rikako se retrouvent ensemble dans un voyage scolaire à Hawaii auquel Yutaka participe également. Rikako, qui s’est toujours montrée distance avec Taku, l’aborde pour lui demander de lui prêter de l’argent. En effet, elle a perdu le sien ! Le jeune homme accepte bien qu’elle lui dise qu’elle ne pourra pas le rembourser dès leur retour. Plus tard, Rikako retourne voir Taku, furieuse qu’il ait raconté à Yutaka ses déboires financiers. Taku découvre vite qu’en fait elle est gênée car elle a également emprunté de l’argent à Yutaka.
Pendant les jours fériés connus au Japon sous le nom de Golden Week, Taku reçoit un appel de Yumi Kohama, la seule amie que Rikako ait réussi à se faire depuis son déménagement. Yumi s’inquiète car Rikako a décidé de partir seule à Tokyo voir son père. Taku découvre ainsi que l’argent emprunté avait pour but de financer ce voyage que n’avait pas approuvé la mère de Rikako. Taku part retrouver Rikako, officiellement parce qu’il est furieux de son mensonge mais officieusement parce qu’il s’inquiète pour elle.
On le voit : un triangle amoureux s’est peu à peu installé entre Taku, Yutaka et Rikako...
Commentaires
Dès les premiers succès d’Hayao Miyazaki et d’Isao Takahata au sein du studio Ghibli s'est posée la question de leur succession (en effet, au début des années 90, ils étaient déjà âgés d’une cinquantaine d’années). Afin de tester d’éventuels successeurs, quoi de mieux que de leur laisser un projet modeste, tel qu’un téléfilm financé par la chaîne privée NTV (détentrice des droits de diffusion des films du studio Ghibli à la télé japonaise) à l’occasion de ses 40 ans d’existence ? Le choix se porte assez vite sur le roman Umi ga kikoeru, publié sous forme de feuilleton de février 1990 à janvier 1992, et qui conte les émois amoureux d’adolescents. Comme l’équipe de ce projet sera jeune, elle sera à même de comprendre et de retranscrire les sentiments des héros adolescents de cette histoire.
Si le character designer est un habitué du studio Ghibli (Katsuya Kondo, qui était aussi l’illustrateur du roman, il était donc tout désigné sur ce poste !), le choix du réalisateur se porte sur quelqu’un d’étranger au studio, Tomomi Mochizuki. Celui-ci, dans la trentaine, a déjà travaillé sur des œuvres mettant en scène les relations amoureuses d’adolescents (Cynthia ou le rythme de la vie et surtout le 1er film de Kimagure Orange Road/Max et Compagnie). De plus, il apprécie le travail de Saeko Himuro, l’autrice de Umi ga kikoeru. Il semble donc être l’homme de la situation.
Par rapport aux longs-métrages du studio Ghibli, ce téléfilm se doit d’être produit rapidement, avec un coût limité mais sans faire de concessions sur la qualité finale. Si la qualité sera au rendez-vous (malgré une finition moins poussée qu'à l'accoutumée, notamment dans les décors), les deux autres aspects ne seront pas respectés. Ainsi, la production a débuté en septembre 1992 et devait s’achever en décembre de la même année mais le film sera en fait terminé en mars 1993. Quant au budget, il dépassera ce qui avait été alloué au départ. C’est sans doute à cause de ces dépassements que le studio Ghibli ne réalisera plus de téléfilm de la suite.
Il faut dire que le résultat final est proche de celui d’un long-métrage, notamment l’animation qui tient bien la route. On notera que le format de l’image est en 16/9ème, format réservé aux œuvres cinématographiques à cette époque (pour la télé on utilisait plutôt du 4/3). Le téléfilm fut d'ailleurs projeté plusieurs fois au cinéma au Japon, après sa diffusion télévisée.
Scénaristiquement, le téléfilm n’est pas un copié-collé du roman d’origine. Quasiment toute la partie se déroulant à l’université est éludée pour se concentrer sur la partie prenant place en dernière année de lycée. L’histoire se concentre sur le point de vue de Taku et sur ses souvenirs mais du fait de sa courte durée (72 minutes), elle ne propose pas un scénario très étoffé. Cependant, on notera qu’elle ne cède pas à la facilité : ici, pas de rebondissements inattendus ni de quiproquos entre les personnages pour relancer l’intrigue comme c’est souvent le cas dans ce genre de récit, le parti pris du réalisateur étant de rester le plus réaliste possible. Ce réalisme passe aussi par l’animation, les personnages bougeant comme des acteurs en live, et les expressions de leurs visages ayant bénéficié d’un traitement tout particulier. Cependant, le character designer reste dans la lignée des autres productions du studio Ghibli, c’est à dire stylisé et donc pas tout à fait réaliste.
Pour atteindre un certain niveau de réalisme, les personnages se devaient de ne pas être manichéens. On ne trouve pas de héros sans peur et sans reproche ni d’héroïnes gentilles et dévouées. Cependant, le réalisateur peine à les rendre sympathiques : Taku semble trop passif dans le déroulement de l’action, Yutaka n’apporte pas grand-chose à l’intrigue mais c’est surtout Rikako qui cristallise les reproches qui sont faits à l’encontre de ce téléfilm. Ainsi, loin des héroïnes attachantes des films du studio Ghibli (Nausicaä, Kiki...), Rikako s’avère hautaine, froide, calculatrice, colérique, et lorsqu’elle affiche une attitude un peu positive, cela ne dure que peu de temps... Il faudra attendre la fin du film pour la voir évoluer positivement de manière durable. Il n’est pas rare de lire des commentaires de spectateurs n’ayant pas apprécié le téléfilm à cause d’elle.
Malgré d’évidents défauts, Umi ga kikoeru (ou Je Peux Entendre l'Océan dans sa version française) reste une expérience intéressante dans la filmographie du studio Ghibli, qu’il serait dommage de bouder, d’autant plus que le téléfilm est disponible en version française, depuis 2020, sur la plateforme Netflix. Une édition vidéo est ensuite arrivée pas moins de deux ans plus tard.
A noter que le roman original a connu une suite en 1995, Umi ga Kikoeru 2 : Ai ga Arukara, ainsi qu'une adaptation live, réalisée la même année, qui reprend l'histoire des 2 romans.
Si le character designer est un habitué du studio Ghibli (Katsuya Kondo, qui était aussi l’illustrateur du roman, il était donc tout désigné sur ce poste !), le choix du réalisateur se porte sur quelqu’un d’étranger au studio, Tomomi Mochizuki. Celui-ci, dans la trentaine, a déjà travaillé sur des œuvres mettant en scène les relations amoureuses d’adolescents (Cynthia ou le rythme de la vie et surtout le 1er film de Kimagure Orange Road/Max et Compagnie). De plus, il apprécie le travail de Saeko Himuro, l’autrice de Umi ga kikoeru. Il semble donc être l’homme de la situation.
Par rapport aux longs-métrages du studio Ghibli, ce téléfilm se doit d’être produit rapidement, avec un coût limité mais sans faire de concessions sur la qualité finale. Si la qualité sera au rendez-vous (malgré une finition moins poussée qu'à l'accoutumée, notamment dans les décors), les deux autres aspects ne seront pas respectés. Ainsi, la production a débuté en septembre 1992 et devait s’achever en décembre de la même année mais le film sera en fait terminé en mars 1993. Quant au budget, il dépassera ce qui avait été alloué au départ. C’est sans doute à cause de ces dépassements que le studio Ghibli ne réalisera plus de téléfilm de la suite.
Il faut dire que le résultat final est proche de celui d’un long-métrage, notamment l’animation qui tient bien la route. On notera que le format de l’image est en 16/9ème, format réservé aux œuvres cinématographiques à cette époque (pour la télé on utilisait plutôt du 4/3). Le téléfilm fut d'ailleurs projeté plusieurs fois au cinéma au Japon, après sa diffusion télévisée.
Scénaristiquement, le téléfilm n’est pas un copié-collé du roman d’origine. Quasiment toute la partie se déroulant à l’université est éludée pour se concentrer sur la partie prenant place en dernière année de lycée. L’histoire se concentre sur le point de vue de Taku et sur ses souvenirs mais du fait de sa courte durée (72 minutes), elle ne propose pas un scénario très étoffé. Cependant, on notera qu’elle ne cède pas à la facilité : ici, pas de rebondissements inattendus ni de quiproquos entre les personnages pour relancer l’intrigue comme c’est souvent le cas dans ce genre de récit, le parti pris du réalisateur étant de rester le plus réaliste possible. Ce réalisme passe aussi par l’animation, les personnages bougeant comme des acteurs en live, et les expressions de leurs visages ayant bénéficié d’un traitement tout particulier. Cependant, le character designer reste dans la lignée des autres productions du studio Ghibli, c’est à dire stylisé et donc pas tout à fait réaliste.
Pour atteindre un certain niveau de réalisme, les personnages se devaient de ne pas être manichéens. On ne trouve pas de héros sans peur et sans reproche ni d’héroïnes gentilles et dévouées. Cependant, le réalisateur peine à les rendre sympathiques : Taku semble trop passif dans le déroulement de l’action, Yutaka n’apporte pas grand-chose à l’intrigue mais c’est surtout Rikako qui cristallise les reproches qui sont faits à l’encontre de ce téléfilm. Ainsi, loin des héroïnes attachantes des films du studio Ghibli (Nausicaä, Kiki...), Rikako s’avère hautaine, froide, calculatrice, colérique, et lorsqu’elle affiche une attitude un peu positive, cela ne dure que peu de temps... Il faudra attendre la fin du film pour la voir évoluer positivement de manière durable. Il n’est pas rare de lire des commentaires de spectateurs n’ayant pas apprécié le téléfilm à cause d’elle.
Malgré d’évidents défauts, Umi ga kikoeru (ou Je Peux Entendre l'Océan dans sa version française) reste une expérience intéressante dans la filmographie du studio Ghibli, qu’il serait dommage de bouder, d’autant plus que le téléfilm est disponible en version française, depuis 2020, sur la plateforme Netflix. Une édition vidéo est ensuite arrivée pas moins de deux ans plus tard.
A noter que le roman original a connu une suite en 1995, Umi ga Kikoeru 2 : Ai ga Arukara, ainsi qu'une adaptation live, réalisée la même année, qui reprend l'histoire des 2 romans.
Doublage
Voix françaises (Studio BTI Studios) :
Taku Morisaki
Yukata Matsuno
Rikako Muto
Yumi
Okada
Shimizu
Mère de Taku
Crédits
Auteur : Arachnée
Sources
Umi ga kikoeru © Saeko Himuro / Studio Ghibli